Un acquéreur et un agent immobilier examinent ensemble le diagnostic de performance énergétique d'un appartement pendant une visite en France.
Publié le 31 octobre 2026

Un logement classé D peut être un choix raisonnable, tandis qu’un bien classé F peut nécessiter des travaux coûteux avant de devenir rentable. Pourtant, se limiter à la lettre affichée sur une annonce immobilière ne suffit pas pour évaluer la performance énergétique réelle d’un logement.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) renseigne sur la consommation conventionnelle d’énergie, les émissions de gaz à effet de serre, les équipements et les principales déperditions thermiques. Il permet aussi d’anticiper certaines contraintes réglementaires, notamment pour la location. En revanche, il ne garantit ni le montant de vos futures factures ni la qualité générale du bâtiment.

Pour bien interpréter ce document, il faut examiner ses deux étiquettes, identifier les principaux postes de consommation, vérifier sa validité et estimer le coût des améliorations nécessaires. Cette lecture croisée permet de distinguer un logement simplement énergivore d’un investissement dont les charges et les obligations futures pourraient peser lourdement sur le budget.

Les points essentiels pour comprendre un DPE

  • Le classement A à G dépend de la consommation d’énergie primaire et des émissions de gaz à effet de serre. L’indicateur le plus défavorable détermine la classe finale.
  • En France métropolitaine, les logements G sont concernés par les restrictions de location depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034.
  • Avant un achat, comparez les dépenses estimées, les factures disponibles, les travaux prévisibles et le prix du logement.

Pourquoi un logement classé F peut-il devenir plus contraignant à détenir ou louer ?

Un logement classé F présente un double risque : des dépenses énergétiques potentiellement élevées et des contraintes croissantes pour sa mise en location. En France métropolitaine, son loyer est soumis à des restrictions d’augmentation et il ne satisfera plus aux exigences de décence énergétique à partir de 2028. Pour un investisseur, ces règles peuvent modifier directement la rentabilité du bien.

Les logements classés F et G sont considérés comme des passoires énergétiques. Depuis le 25 août 2022, les augmentations de loyers de ces logements sont gelées en France métropolitaine dans les situations prévues par la réglementation, notamment lors de la révision annuelle et de certaines remises en location.

Le calendrier des restrictions de location se déploie progressivement :

Calendrier de décence énergétique des logements en France métropolitaine
Date d’application Classe concernée Conséquence principale
1er janvier 2025 G Ne satisfait plus au critère de décence énergétique.
1er janvier 2028 F et G Les logements F deviennent également concernés.
1er janvier 2034 E, F et G Les logements E sont ajoutés aux classes concernées.

Ces échéances s’appliquent notamment aux nouveaux baux, aux renouvellements et aux reconductions tacites selon les règles en vigueur. Elles n’entraînent pas automatiquement l’expulsion des locataires déjà présents. Les modalités diffèrent également pour certains logements et en outre-mer.

La fiche Service Public sur le DPE en vente et en location détaille les obligations applicables et les exceptions à vérifier.

À la revente, une mauvaise classe peut également peser sur la négociation. Certains établissements bancaires examinent la performance énergétique dans leur analyse du projet, particulièrement lorsque des travaux importants sont nécessaires. Il ne s’agit toutefois pas d’une interdiction générale de financer les passoires thermiques.

Par ailleurs, la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G nécessite, dans le périmètre concerné, un audit énergétique réglementaire en complément du DPE. Cette obligation ne s’applique pas indistinctement à tous les appartements en copropriété.

Les cinq vérifications à effectuer avant d’acheter un logement F

  1. Obtenir le DPE complet et relever sa classe énergétique : conserver une copie du diagnostic.
  2. Contrôler la date du document et son numéro d’identification à treize chiffres : noter les éléments de validité vérifiés.
  3. Identifier les recommandations de rénovation : établir une liste des travaux prioritaires.
  4. Demander des devis pour les principaux travaux : obtenir un budget prévisionnel documenté.
  5. Vérifier les restrictions de location applicables à votre projet : construire un calendrier des échéances et des travaux nécessaires.

Pour une résidence principale, le confort et la capacité à financer une rénovation comptent particulièrement. Pour un investissement locatif, le calendrier de décence énergétique peut devenir un critère déterminant dès l’acquisition.

Comment repérer les postes de consommation les plus importants dans un DPE ?

Pour identifier les postes énergivores d’un logement, consultez la répartition des consommations par usage et les déperditions thermiques figurant dans le DPE. Examinez particulièrement le chauffage, l’eau chaude sanitaire et, lorsqu’elle existe, la climatisation. Croisez ces informations avec les caractéristiques d’isolation et les équipements pour comprendre les principales causes de consommation.

La première étape consiste à distinguer les deux indicateurs qui déterminent la classe énergétique :

  • La consommation d’énergie primaire, exprimée en kWhEP/m²/an, mesure la quantité conventionnelle d’énergie mobilisée en tenant compte des coefficients de conversion applicables.
  • Les émissions de gaz à effet de serre, exprimées en kg CO₂ équivalent/m²/an, renseignent sur l’impact climatique conventionnel des usages énergétiques évalués.

Le classement final retient le plus défavorable des deux indicateurs. Un logement chauffé au gaz peut ainsi obtenir une classe dégradée par ses émissions, même si sa consommation d’énergie primaire paraît relativement maîtrisée.

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est fixé à 1,9, contre 2,3 auparavant. Une nouvelle réduction à 1,7 est prévue au 1er janvier 2027. Cette évolution réglementaire peut modifier l’étiquette de certains logements utilisant l’électricité, sans modification physique du bâtiment.

La présentation officielle du diagnostic de performance énergétique par le ministère explique les indicateurs, les équipements étudiés et les recommandations de travaux.

Dans le détail des consommations, recherchez les usages qui mobilisent le plus d’énergie : chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires. Le chauffage représente souvent un poste important dans les logements insuffisamment isolés, mais il n’est pas systématiquement dominant.

Examinez ensuite les déperditions thermiques : toiture, murs, fenêtres, planchers et renouvellement d’air. Un logement dont les principales pertes proviennent d’une toiture mal isolée ne nécessite pas nécessairement les mêmes travaux qu’un appartement équipé d’un chauffage ancien.

Les matériaux, l’épaisseur d’isolation lorsqu’elle est connue, les caractéristiques des fenêtres et la ventilation apportent des informations supplémentaires. L’orientation et l’exposition peuvent aussi influencer le confort et les besoins énergétiques, sans permettre à elles seules de confirmer la qualité d’une rénovation.

Enfin, demandez les factures d’énergie disponibles pour vérifier si les dépenses observées restent cohérentes avec les estimations du document. Cette comparaison est informative, mais elle doit tenir compte des habitudes des occupants.

Cette analyse donne un premier aperçu des travaux potentiellement utiles. Elle permet aussi de mieux comparer deux logements dont les performances énergétiques et les prix diffèrent.

DPE C ou DPE E : quel logement choisir si l’écart de prix est important ?

Un logement classé C n’est pas automatiquement un meilleur achat qu’un logement classé E proposé nettement moins cher. Le choix dépend du prix d’acquisition, des dépenses énergétiques, de la possibilité de rénover le bien E et de votre durée de détention. Il faut comparer le coût global des deux options plutôt que leur seule étiquette énergétique.

Le premier calcul consiste à mettre en regard l’écart de prix et les économies d’énergie estimées. Pour comparer deux logements, relevez leurs dépenses annuelles conventionnelles et ajustez l’analyse à leur surface, à leurs équipements et à leur usage prévu.

Un calcul fondé sur les kWh doit également tenir compte du type d’énergie et de la distinction entre énergie primaire et énergie finale. On ne peut pas convertir directement toutes les consommations en euros avec un prix unique du kWh.

Exemple hypothétique : arbitrer entre un DPE C et un DPE E

Deux appartements comparables sont proposés à 230 000 € pour le logement C et à 205 000 € pour le logement E, soit 25 000 € d’écart. Dans ce scénario pédagogique, les dépenses énergétiques annuelles prévisionnelles sont respectivement de 900 € et de 1 800 €.

Le différentiel théorique atteint 900 € par an. Sans travaux, variation de prix de l’énergie, financement ni actualisation, les 25 000 € représentent environ 27,8 années de cet écart de dépenses.

Ce résultat ne suffit pas à choisir le logement E : il faut encore intégrer les éventuels travaux, les charges, le confort, les risques réglementaires et la valeur de revente. Ces montants sont fictifs et ne constituent pas des données de marché.

Le potentiel de rénovation peut faire basculer l’arbitrage. Un logement E avec des combles accessibles, une enveloppe améliorable et un système de chauffage remplaçable peut offrir davantage de possibilités qu’un autre bien présentant des contraintes techniques ou de copropriété importantes.

Inversement, un logement C ayant déjà bénéficié de travaux correctement réalisés peut limiter les interventions futures et offrir un meilleur confort dès l’emménagement.

La durée de détention compte également. Un acquéreur qui envisage de revendre rapidement aura moins de temps pour amortir des travaux qu’un propriétaire occupant prévoyant de conserver le logement longtemps.

Les résultats des Notaires de France sur la valeur verte des logements en 2024 montrent que les biens énergétiquement performants se vendaient généralement plus cher que les logements très énergivores. Cette observation varie néanmoins selon les territoires et ne garantit pas une plus-value après rénovation.

Sur le plan réglementaire, un logement E n’est pas concerné par le gel des loyers visant les classes F et G, mais il entre dans le calendrier des exigences de décence énergétique à partir de 2034 en France métropolitaine. Acheter un E pour le louer durablement suppose donc d’anticiper cette échéance.

Le bien le moins cher à l’achat n’est pas nécessairement le plus économique à posséder. Une estimation réaliste des travaux et des charges permet de transformer la différence de DPE en véritable critère de décision.

Pourquoi votre facture réelle peut-elle différer des estimations affichées dans le DPE ?

Les dépenses indiquées dans un DPE sont des estimations conventionnelles, pas une prévision personnalisée de vos futures factures. Elles reposent sur des hypothèses standardisées d’utilisation et de climat. Vos consommations et vos dépenses peuvent donc être supérieures ou inférieures selon la température intérieure, l’occupation du logement, les équipements utilisés et les tarifs de l’énergie.

Depuis la réforme du 1er juillet 2021, le DPE des logements concernés repose sur une méthode de calcul conventionnelle, dite 3CL. Contrairement à une confusion fréquente, le DPE actuel n’utilise pas une méthode « 3CD » fondée sur les factures des occupants.

Les anciens diagnostics pouvaient, dans certaines situations, s’appuyer sur des factures, notamment avec l’ancienne méthode dite « sur factures ». Ces documents ne doivent pas être confondus avec les DPE établis selon la méthode réglementaire actuelle.

Plusieurs facteurs expliquent les différences entre les coûts estimés et les dépenses réelles :

  • La température de chauffage : un logement maintenu plus chaud que dans les conditions conventionnelles consommera généralement davantage.
  • Le nombre d’occupants : il influence particulièrement la consommation d’eau chaude sanitaire.
  • La durée d’occupation : télétravail, absences prolongées et résidence intermittente modifient les besoins.
  • Les conditions météorologiques : un hiver inhabituellement froid peut augmenter les dépenses.
  • Les tarifs et contrats énergétiques : les abonnements, prix du kWh et évolutions tarifaires font varier la facture.
  • L’entretien et l’état des équipements : un système défaillant ou mal réglé peut présenter une efficacité inférieure à celle attendue.

Le DPE peut aussi comporter certaines limites liées aux caractéristiques du bâtiment qui n’ont pas pu être observées directement, notamment une isolation dissimulée ou des défauts locaux de mise en œuvre.

Pour évaluer la cohérence des dépenses, demandez plusieurs années de factures lorsqu’elles sont disponibles. Comparez les consommations en unités énergétiques plutôt que seulement les montants payés, puis examinez les différences de contrats, d’équipements et d’occupation.

Dans une copropriété avec chauffage collectif, complétez cette analyse par les informations du syndic et les charges correspondantes. Il faut toutefois distinguer les consommations collectives des consommations propres au logement.

Un écart important ne prouve pas automatiquement que le diagnostic est erroné. Il constitue un signal invitant à examiner plus attentivement les hypothèses d’utilisation, les caractéristiques du bien et les données disponibles.

Le DPE sert d’abord à comparer la performance conventionnelle de bâtiments. Les factures apportent un éclairage complémentaire sur les usages passés, sans constituer une garantie pour les futurs occupants.

Quand refaire un DPE après isolation, changement de chauffage ou rénovation importante ?

Il est pertinent de refaire un DPE après des travaux susceptibles de modifier significativement la performance énergétique d’un logement, notamment une isolation importante ou un changement de chauffage. Ce renouvellement n’est pas automatiquement obligatoire après chaque intervention, mais il permet de disposer d’un classement actualisé, particulièrement utile avant une vente ou une nouvelle mise en location.

La validité normale d’un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 est de dix ans. En revanche, les diagnostics établis avant cette réforme ont bénéficié de règles transitoires.

Validité des diagnostics de performance énergétique
Période de réalisation Situation en octobre 2026
Avant le 1er janvier 2018 Diagnostic expiré.
Du 1er janvier 2018 au 30 juin 2021 Diagnostic non valable depuis le 1er janvier 2025.
Depuis le 1er juillet 2021 Validité normale de dix ans, sous réserve des règles applicables.

Un DPE peut rester juridiquement valide tout en ne représentant plus fidèlement un logement rénové. Par exemple, après une isolation complète des combles et le remplacement d’une chaudière ancienne, le propriétaire peut avoir intérêt à faire établir un nouveau diagnostic pour valoriser les performances obtenues.

Il faut aussi distinguer un nouveau DPE d’une simple actualisation réglementaire de l’étiquette. Depuis 2026, certains diagnostics établis selon les règles précédentes peuvent bénéficier d’une attestation actualisée auprès de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, lorsque le changement de coefficient de conversion de l’électricité améliore leur classement.

La nouvelle évolution prévue pour janvier 2027 pourra également permettre certaines actualisations sans nouvelle visite. Cette possibilité ne prouve pas que des travaux ont été réalisés.

Un DPE actualisé peut faciliter la justification d’un changement de classe après travaux, notamment lorsqu’il permet de sortir des catégories F ou G. Pour une location, c’est la conformité aux exigences réglementaires applicables qui demeure déterminante.

Les aides à la rénovation obéissent toutefois à leurs propres conditions. Un nouveau DPE après travaux n’est pas systématiquement exigé pour obtenir MaPrimeRénov’ ou un éco-prêt à taux zéro. Selon le dispositif, un audit énergétique, des justificatifs techniques ou d’autres documents peuvent être requis.

Avant d’engager des dépenses importantes, une simulation thermique ou un audit permet d’estimer la classe atteignable. Cette démarche limite le risque d’effectuer des travaux isolés qui n’améliorent pas suffisamment la performance pour franchir le palier recherché.

Un nouveau classement devient particulièrement utile lorsqu’il accompagne une stratégie énergétique cohérente, plutôt qu’une succession d’interventions sans évaluation globale.

Gaz, électricité ou pompe à chaleur : quel système coûte le moins pour votre logement ?

Une pompe à chaleur peut réduire les dépenses de chauffage par rapport à des radiateurs électriques directs ou à une chaudière au gaz, mais elle n’est pas systématiquement la solution la moins coûteuse. Le résultat dépend du prix des énergies, du rendement réel des équipements, de l’isolation, du climat et des frais d’installation et d’entretien.

Pour comparer les systèmes, il faut distinguer le coût de l’énergie achetée et la chaleur réellement fournie.

Un radiateur électrique à résistance restitue approximativement un kilowattheure de chaleur pour un kilowattheure d’électricité consommée. Une pompe à chaleur peut fournir plusieurs kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure d’électricité, car elle transfère de l’énergie depuis l’environnement extérieur.

Cette performance est représentée par le coefficient de performance, ou COP. Pour estimer les dépenses annuelles, il est toutefois préférable d’utiliser une performance saisonnière adaptée aux conditions réelles plutôt que le COP mesuré à un point de fonctionnement particulier.

Une chaudière au gaz présente une autre structure de coûts : le prix du combustible, le rendement de l’installation, les frais fixes éventuels et l’entretien doivent être pris en compte.

Principaux critères de comparaison des solutions de chauffage
Système Atout potentiel Point de vigilance
Radiateurs électriques directs Installation relativement simple, régulation pièce par pièce possible. Consommation potentiellement élevée dans un logement mal isolé.
Chaudière au gaz Utilisation possible d’un réseau de chauffage central existant. Dépenses de combustible, entretien et émissions de CO₂.
Pompe à chaleur Plusieurs unités de chaleur fournies par unité d’électricité consommée. Coût initial, dimensionnement, performances par temps froid et maintenance.

Une installation mal dimensionnée peut perdre une partie de son intérêt économique. Dans une maison peu isolée, les besoins de puissance et les températures de fonctionnement peuvent réduire l’efficacité d’une pompe à chaleur.

Le coût global doit intégrer l’achat de l’équipement, les éventuelles modifications du réseau de distribution, la maintenance et la durée de vie prévisible. Les aides publiques et les certificats d’économies d’énergie peuvent modifier l’investissement initial, sous réserve des conditions d’éligibilité.

Enfin, remplacer un équipement peut modifier le DPE, mais l’ampleur du changement dépend de l’ensemble du bâtiment et des deux indicateurs de classement. Une pompe à chaleur ne garantit donc pas à elle seule le passage à une classe donnée.

Avant de remplacer un système de chauffage, une étude thermique et plusieurs devis techniques permettent de vérifier les gains attendus et d’éviter un investissement inadapté à l’état de l’isolation.

Pourquoi un mauvais DPE peut-il changer le coût réel d’un logement après l’acquisition ?

Un mauvais DPE peut rendre un logement plus coûteux que son prix d’achat ne le laisse penser. Aux frais d’acquisition s’ajoutent les dépenses d’énergie, les éventuels travaux de rénovation, les charges d’entretien et parfois des contraintes de financement ou de location. Le véritable enjeu consiste à calculer le coût total du projet avant de s’engager.

Une décote immobilière peut compenser certains défauts énergétiques, mais seulement si elle est suffisante au regard des travaux nécessaires. Un logement F acheté à prix réduit peut ainsi constituer une opération cohérente, tandis qu’un logement similaire acheté sans marge de rénovation peut peser durablement sur les finances de son propriétaire.

Pour estimer le coût réel d’acquisition, additionnez les éléments suivants :

  • Le prix d’achat et les frais associés à la transaction.
  • Les dépenses de rénovation nécessaires, établies à partir de devis.
  • Les charges énergétiques prévisionnelles pendant la durée de détention.
  • L’entretien et le remplacement probable des équipements.
  • Les coûts éventuels de financement liés aux travaux.

Les banques peuvent demander des informations complémentaires sur un bien énergivore et sur son programme de rénovation. Leur analyse dépend notamment du dossier, du montant emprunté, des ressources de l’acquéreur et de leurs critères internes. Aucune règle générale ne permet de conclure qu’un DPE F entraîne automatiquement un refus de prêt.

De même, une surprime d’assurance ne peut pas être déduite du seul classement énergétique. Les cotisations dépendent des caractéristiques du bâtiment, des risques assurés et des conditions proposées par l’assureur.

Pour éviter une estimation trop optimiste, demandez plusieurs devis comparables et prévoyez une marge pour les difficultés découvertes pendant les travaux. Dans un appartement, vérifiez également les décisions de copropriété susceptibles de limiter ou de retarder certaines interventions.

Lorsqu’un DPE paraît manifestement incohérent, il est possible de faire examiner le diagnostic par un professionnel qualifié. Depuis la réforme de 2021, le DPE est opposable, sous réserve notamment du régime propre aux recommandations de travaux.

En cas d’erreur ayant causé un préjudice, la responsabilité du diagnostiqueur peut être recherchée selon les circonstances. Le délai de prescription et les voies de recours dépendent du fondement juridique retenu ; ils doivent être appréciés au cas par cas.

Une offre d’achat solide repose sur un budget documenté, un calendrier réaliste et une estimation prudente des performances pouvant être obtenues après rénovation.

À retenir avant de prévoir les travaux

  • Une rénovation doit répondre à un objectif mesurable : améliorer le confort, réduire les charges ou atteindre une classe DPE compatible avec le projet.
  • Le budget pertinent est celui qui reste à financer après prise en compte des aides réellement accessibles, des devis et des imprévus.
  • Le gain immobilier dépend autant de la qualité des travaux et du marché local que de la nouvelle étiquette énergétique.

Comment rénover un bien immobilier pour augmenter sa valeur sans dépasser son budget ?

Pour améliorer la valeur d’un logement sans faire exploser le budget, commencez par identifier les travaux capables de réduire durablement les besoins énergétiques et de faire progresser le DPE. Une rénovation cohérente de l’enveloppe, de la ventilation et du chauffage est généralement préférable à des interventions isolées décidées sans diagnostic global.

La première priorité consiste à comprendre les pertes de chaleur du logement. Une toiture mal isolée, des murs peu performants ou des fenêtres dégradées peuvent justifier des interventions avant le remplacement du chauffage.

Il ne faut toutefois pas appliquer un ordre universel : la pertinence des travaux dépend des contraintes du bâtiment et de son état initial. Dans certains logements, un équipement défaillant ou une ventilation insuffisante impose une intervention rapide, même lorsque d’autres travaux restent nécessaires.

Un audit énergétique peut aider à organiser les opérations en scénarios cohérents, avec des objectifs de performance et une estimation budgétaire.

Pour financer les travaux, plusieurs dispositifs peuvent être étudiés : MaPrimeRénov’, certificats d’économies d’énergie, éco-prêt à taux zéro et aides locales. Leur cumul n’est pas automatique et dépend des conditions propres à chaque dispositif.

La présentation des aides à la rénovation énergétique en 2026 par France Rénov’ permet d’identifier les principales catégories de financement disponibles.

Le recours à des professionnels reconnus garants de l’environnement (RGE) est requis pour de nombreux travaux aidés, selon les dispositifs concernés. Cette qualification constitue un critère administratif et professionnel important, mais ne garantit pas à elle seule l’absence de défauts d’exécution.

Il est essentiel de traiter correctement les ponts thermiques, l’étanchéité à l’air et la ventilation. Une isolation mal conçue peut créer des désordres d’humidité et compromettre le confort attendu.

Plutôt que de viser uniquement une baisse immédiate des factures, il peut être pertinent de rechercher un franchissement de classe énergétique : passer de F à D pour sécuriser un projet locatif, puis étudier si l’atteinte de C présente un intérêt économique supplémentaire.

Ces paliers ne garantissent pas une plus-value proportionnelle au coût des travaux. La localisation, l’état général, la distribution des pièces et la demande immobilière restent déterminants pour la valorisation.

Avant de signer les devis, comparez les scénarios sur leur coût total, leur effet thermique attendu, leurs contraintes techniques et les aides confirmées. Vérifiez également les conditions administratives des financements avant le démarrage des travaux.

La prochaine action consiste à réunir le DPE complet, les informations techniques du bâtiment et plusieurs devis, puis à faire évaluer un scénario de rénovation adapté à votre budget et à votre objectif de classement.

Questions fréquentes pour comprendre un DPE immobilier
Peut-on vérifier gratuitement l’authenticité d’un DPE ?

Oui. Les DPE établis dans le dispositif actuel comportent un numéro d’identification à treize chiffres et sont enregistrés auprès de l’ADEME. L’Observatoire DPE-Audit permet de retrouver les informations enregistrées et de vérifier la cohérence du diagnostic transmis. Cette vérification administrative ne remplace toutefois pas une expertise technique du logement.

Un DPE classé D garantit-il une faible facture d’énergie ?

Non. La classe D exprime une performance conventionnelle et climatique, pas un montant de facture garanti. Les dépenses réelles dépendent notamment de la surface, de la température intérieure, du nombre d’occupants et des prix de l’énergie. Deux logements classés D peuvent donc présenter des coûts annuels très différents.

Le vendeur est-il obligé de réaliser les travaux recommandés par le DPE ?

Non, les recommandations de travaux du DPE ne créent pas, à elles seules, une obligation générale de rénovation avant la vente. Le vendeur doit respecter les obligations documentaires applicables, notamment fournir un audit énergétique lorsque la réglementation l’exige. L’acquéreur peut utiliser ces informations pour négocier et préparer son budget.

Le changement du calcul du DPE en 2027 permettra-t-il de gagner automatiquement une classe ?

Non. Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire doit passer de 1,9 à 1,7 le 1er janvier 2027. Certains logements pourront obtenir une meilleure étiquette sans travaux, mais l’amélioration ne sera pas systématique. Les DPE existants resteront valables dans les conditions prévues, avec une possibilité d’actualisation de l’étiquette lorsque le nouveau calcul le justifie.

Qui doit payer le DPE lors d’une vente ou d’une location ?

Le DPE est normalement réalisé à l’initiative et aux frais du propriétaire vendeur ou bailleur. Il doit être communiqué à l’acquéreur ou au locataire dans le cadre des obligations applicables. Un acheteur qui souhaite une expertise complémentaire peut également mandater un professionnel pour son propre compte.

Rédigé par Julien Leroy, Julien Leroy est un consultant en patrimoine immobilier avec plus de 15 ans d'expérience, spécialisé dans l'optimisation fiscale et les stratégies d'investissement locatif. Son parcours lui a permis de développer une vision globale des enjeux du marché français.